Sur le comportement quotidien d'un Kyudoka

Mis à jour : juil. 11

La bible du Kyudo c'est le Kyudo Kyohon. Cependant beaucoup d'éléments de la pratique nous sont transmis directement par des Sensei. Petit à petit ces enseignements peuvent être réinterprétés dans notre propre culture, influencés par notre éducation et disséminés avec le risque de perdre plus ou moins leur sens initial.

Et c'est particulièrement le cas pour toutes les questions de comportement et d'étiquette. L'article ci-dessous a été publié dans le Kyudo Magazine de la ZNKR en septembre et octobre 2000 (N° 604, N° 605). Il a été traduit en anglais par Masanori Kakutani (London Kyudo Society). Il a été également publié en français sur le site du Dojo AKE à Paris, traduit en français et relu par Toshiko Cajot, Yumi Minaminaka, Miyabi Régnier, Yolande Terasson. En comparant les différentes versions voici une nouvelle publication d'un article de référence qu'AKTOP se devait également de relayer.

A la suite des émouvantes anecdotes de jeunesse de Kamogawa Sensei, les directives sur le comportement d'un Kyudoka ont pour mérite de nous être confiées directement et sans filtre par ce 10ème Dan qui nous a tellement impressionné lors de ses nombreuses venues en Europe où lors de l'exécution du Yawatashi pour la fondation officielle de l'IKYF en 2007 à Tokyo.


Erick Moisy





Une contribution spéciale de Kamogawa Nobuyuki



Il est très réjouissant de voir le Kyudo devenir de plus en plus populaire. La forme que le Kyudo a aujourd'hui est le fruit d'un long cheminement. C'est pourquoi le Kyudo offre de nombreux enseignements qui se sont développés au cours de sa longue histoire.

Depuis mon enfance, j'ai pris l'habitude de mettre sur papier tout ce que j'apprends. Dernièrement, en relisant ces notes, mes expériences de Kyudo dans mon enfance sont soudainement revenues à ma mémoire. Avant d'en venir au fait, permettez-moi de commencer avec ces quelques réminiscences.


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Je me souviens d'un jour très froid. C'était à l'aube du 11 février 1935, jour du Kigensetsu, la fête nationale japonaise. Je me levais aux premières lueurs du jour et purifiais mon corps. Puis, accompagné de ma mère, je frappais à la porte du Homeikan Kyudojo, qui se situait à 10 minutes de marche de la maison. Il semblait que mon grand-père avait déjà contacté le Dojo car Mirita Kujuro Sensei (1) , qui allait être mon enseignant, nous attendait, assis en Seiza, dans l'étroit dojo à trois cibles. Bien qu'il fût petit avec une fine moustache, je me souviens très clairement de cette dignité propre à un enseignant de Budo.

Je ne me souviens pas clairement de ce qu'il nous dit, mais je crois me rappeler qu'il m'ait fait jurer :

  1. de ne pas apprendre le Kyudo d'un autre enseignant;

  2. de ne pas raconter à qui que se soit ce que j'aurais appris.

J'avais la vague impression que j'allais apprendre quelque chose de très difficile.

Dès lors, je venais régulièrement au Dojo pour m'entraîner entre 5.30 et 7.30 du matin. A mon arrivée, j'enlevais d'abord mon manteau, puis mes gants. Lorsqu'il pleuvait ou neigeait, je refermais mon parapluie après en avoir secoué l'eau en dehors du dojo. Alors seulement j'entrais. J'alignais les Geta, bien qu'ils étaient la plupart du temps déjà bien rangés. Puis j'avançais jusqu'au Kamidana pour le Rei et saluais d'une voix puissante le Dojo. Je balayais derrière la Makiwara, sortais pour le Yatori et ramenais les flèches dans le Yatate. Ensuite seulement je me préparais pour mon propre entraînement ; soit en me changeant soit en tendant la corde de l'arc que j'allais utiliser. Après l'entraînement, j'enlevais les Mato et rebouchait les trous depuis l'arrière du papier. Je devais refaire les Mato ayant plus de 30 trous en leur remettant un papier blanc. Je dessinais aussi les marques Hoshi, la “cible étoile“, car il n'existait pas de papier Mato imprimé en ce temps-là. De mon point de vue d'enfant, je pensais que la seule raison de ma présence au Dojo était de nettoyer. A chaque fois que je m'en plaignais à la maison, ma mère me grondait.

Jusqu'à aujourd'hui, j'ai gardé les notes de ce que j'appris dans le détail de mes professeurs et de mes Sempai. Elles n'incluent pas uniquement des informations techniques du tir, mais aussi de nombreuses autres choses faisant partie de la pratique de Kyudo, comme les manières quotidiennes du Yumihiki. Je ne peux vous dire à quel point ces notes me furent utiles par la suite.


1 Hanshi 8 Dan, préfecture de Nagasaki, mourut en novembre 1959


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Après quelque temps de pratique, je commençais graduellement à comprendre quelque chose au Kyudo. En tant que jeune homme, je devenais aussi un peu insolent. Ce devait être lorsque j'étais 2ème Kyu, en deuxième année du lycée... la chanson “Jinsei Gekijô“ était très populaire, ce devait donc être en 1936 ou 1937. Un jour, je ramassais les flèches sur l'Azuchi, et je fredonnais la chanson “Once determined, to the end That 's the way of men“(2). Soudain une flèche s'est plantée dans l'Azuchi, juste devant moi, et une voix forte a hurlé : “Ne chante pas pendant que tu ramasses les flèches, espèce d'idiot ! “. C'était Ishizuka-san qui était en 5ème année, ce qui correspond à la 2ème année de l'université aujourd'hui. Il était vraiment très doué ; une fois, nous avons gagné la compétition des écoles secondaires des préfectures grâce à son tir décisif. Je me rappelle qu'il était l'un des membres seniors qui démontrait le plus d'assurance dans ses tirs. Je me souviendrai toujours du frisson qui m'a parcouru à cet instant, mais quel apprentissage !

J'étais très espiègle à cet âge. Par exemple, j'ai lâché un coq dans le Yamichi pour le viser. J'ai aussi rempli un seau d'eau et me suis appliqué à le transpercer. J'étais jeune et irréfléchi, j'ai vraiment fait de nombreuses choses absurdes.

Je garde en mémoire toutes ces bêtises, mais d'un autre côté, j’ai noté ce que me disaient l'enseignant et les anciens lorsque je faisais des erreurs, et j'essayais d'en tirer des leçons. Je suis reconnaissant car je n'ai, par exemple, jamais troublé les vendeurs d'un magasin de Kyudo en manipulant de manière incorrecte les arcs exposés. J'avais également appris à éviter les comportements déplacés dans les autres Dojo; j'ai reçu des éloges de mon Sensei suite aux bons échos d'autres enseignants comme Takatori Sensei de la préfecture de Saga et Tada Sensei de la préfecture de Fukuoka(4).


2 “Une fois déterminé, jusqu'au bout. Ainsi va le chemin de l'homme ... “ NDT

3 Takatori Sei, Hanshi 9ème Dan, mourut en juin 1959

4 Tada Isao, Hanshi 10 ème Dan, mourut en août 1973


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L'épisode qui suit s'est produit quelques années plus tard, et c'est aussi un bon exemple de mauvais comportement sur un Dojo. En 1972 ou 1973, j'étais Kyoshi 8ème Dan. A cette époque, les Kyoshi 8ème Dan étaient envoyés aux examens centraux, en qualité d'apprentis examinateurs. Le jour précédent ces examens, les Sensei qui composaient le jury, Tsuchiya Kichitaro Sensei(5), Takahashi Hideo Sensei(6), Suzuki Hiroyuki Sensei(7), Kubota Shintaro Sensei(8) et Yurino Minoru Sensei(9) étaient en train de pratiquer à la cible. Ils me proposèrent de m'entraîner avec eux, et suggérèrent de me placer sur la cible que Tsuchiya Sensei utilisait. Je pensais que je devais d'abord ramener les flèches de Tsuchiya Sensei avant de commencer, mais à ce moment, une certaine personne (qui ne sera pas nommée), 7ème Dan, a pris cette position et a tiré sur la cible de Tsuchiya Sensei. Mon étonnement fut tel que je ne pus l'en dissuader. Les Sensei aussi furent surpris, ils montrèrent même un léger mépris à son égard, laissant entendre “quel grossier personnage !“ La personne elle-même ne semblait pas avoir noté quoi que ce soit. Il avait ciblé ses deux flèches (Sokuchu), mais je devine qu'un personnage aussi grossier et impertinent peut également faire beaucoup de cibles. Je ne me souviens pas du résultat de son examen le jour suivant, mais je me rappelle que son nom ne figurait pas sur la liste de ceux qui étaient recommandés pour le 8ème Dan.


5 Tsuchiya Kichitaro, Hanshi 10 ème Dan, mourut en août 1991

6 Takahashi Hideo, Hanshi 1O ème Dan, préfecture de Tochigi, mourut en septembre 1985

7 Suzuki Hiroyuki, Hanshi 10 ème Dan, Tokyo, mourut en janvier 1984

8 Kubota Shintaro, Hanshi 10 ème Dan, Tokyo, mourut en avril 1987

9 Yurino Minoru, Hanshi 10 ème Dan, préfecture de Fukuoka, mourut en août 1986


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Je pense que toute occasion est une opportunité pour les Sensei et les anciens d'enseigner l'étiquette aux étudiants. Si les étudiants n'y portent que peu d'attention et ne les notent pas, ils font d'énormes erreurs et se déshonorent eux-mêmes. J'ai attendu par conséquent une occasion convenable pour dévoiler mes notes au public afin de les offrir aux pratiquants de Kyudo comme référence.

A l'origine, je les avais destinées à des séminaires locaux, mais il semble que cela ait circulé un peu partout sans que je m'en aperçoive. J'ai envoyé il y a quelques jours une copie de ces notes à Omiya Seiko Hanshi (Préfecture de Saitama) pour un séminaire. Elles ont été retranscrites par thème grâce à la courtoisie de la Fédération de Kyudo de Saitama (Président: Matsuzawa Hanshi).


Kyoto 2011 - Suzuki Sanse et Kamogawa Noboyuki, Hanshi 10ème Dan

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Les conduites à tenir ou les règles d'étiquette regroupées par thème, avec leurs raisons et leurs explications


En dehors du dojo

1. Il est conseillé de porter l’arc de la main droite si c’est le seul bagage. Dans le cas contraire, il est recommandé de porter le bagage le plus léger de la main gauche (l’arc en l’occurrence) pour que Yunde ne soit pas perturbé par un bagage trop lourd et occasionne lors du tir des tremblements, par exemple.


2. Lors d’un déplacement dans un endroit très animé, il faut maintenir l’arc en position verticale et ne pas le tenir contre l’épaule : cela afin d’éviter de déranger les passants et porter l’arc sur l’épaule est une attitude disgracieuse.


3. Marcher en tenant l’arc par la corde n’est pas approprié, cela est discourtois. Et si la corde se rompt, l’arc se détendra vivement et pourra blesser autrui.


4. Ne pas exposer le matériel de Kyudo au soleil, cela risque de l’endommager.


5. Ne pas utiliser de housse en plastique lorsqu’il fait chaud pour protéger l’arc. La chaleur qui s’y emmagasine risque de modifier la forme de l’arc.


6. L’arc est précieux, il faut en prendre soin. Il doit être protégé par une housse et manipulé avec précaution.


7. Pour transporter un arc en voiture, poser l’arc à côté du siège du conducteur, le Motohasu vers le bas. Cela pour une meilleure sécurité et éviter d’endommager Uwasekiita plus long donc plus fragile.


8. On ne laissera pas l’arc dans une voiture plus que nécessaire pour le transport afin d’éviter les déformations.


9. Ne pas transporter l’arc corde tendue. Si la corde se rompt, l’arc va se détendre et cela risque de blesser quelqu’un.


10. Pour transporter un arc en avion, il faut impérativement bien protéger les deux Sekiita (Uwasekiita et Shimosekiita : voir Manuel de kyudo p. 121, ndt) sur 30 centimètres au moins pour éviter de détériorer ces parties de l’arc qui sont plus fragiles.


Entrer et sortir du Dojo

1. Dans un Dojo, on se déchaussera en Irifune (pointes de pieds dirigées vers l’intérieur) et on disposera les chaussures (ou les Zori) en position Defune (tournées vers l’extérieur) dans l’entrée ou on les rangera dans le meuble à chaussures s’il y en a un mis à disposition. Cela fait partie de l’étiquette au quotidien, il faut toujours garder à l’esprit le sens du rangement.


2. Si quelqu’un d’autre prépare les chaussures (ou les Zori), alors il faut utiliser ses mains pour les enfiler. Ne pas se chausser directement. Cela représente un acte de remerciement pour la personne qui les a préparées.


3. On rentrera dans un Dojo sans manteau, car on ne peut honorer l’esprit du lieu sans se défaire de ses vêtements d’extérieur. Avant de rentrer dans le Dojo, il faut se dévêtir par courtoisie. Le Haori peut être porté, car il est considéré comme un vêtement d’intérieur (le Haori pour homme est un vêtement officiel).


A l'intérieur du Dojo

1. On honorera le Kamidana, il faut saluer d’un Rei s’il y a le drapeau national. S’il n’y a ni l’un ni l’autre, alors il faut saluer le Tokonoma (Kamiza) puis les Sensei et les Sempai.


2. On ne s’adressera pas de manière familière aux autres membres du club tel qu’on pourrait le faire à l’école, mais avec déférence. Se montrer respectueux devrait se faire naturellement, même lorsque l’ambiance est suffisamment détendue pour se parler sans faire mention de titres entre Sempai, Kohai et autres camarades. Le Dojo est un lieu où l’on apprend et l’on respecte le Rei pour atteindre le Satori. Cela doit être évident pour tous.


3. On évitera de s’asseoir sur les tatamis aux emplacements réservés au jury. Si cela est inévitable, alors on adoptera la position Seiza.


4. Il est strictement interdit de fumer dans un Dojo. Cela est irrespectueux pour les tireurs. Le Dojo n’est pas un lieu de détente, ce n’est donc pas convenable.


5. Lors d’une séance de tir, on retirera ses bijoux (bagues, boucles d’oreilles, etc.) et on ne portera que ce qui est essentiel à la pratique.


6. Il faut éviter de rire ou de discuter à voix haute, mais au contraire apprivoiser les codes du Kyudo et respecter le calme pour ne pas troubler la pratique des autres personnes.


7. En position assise, il ne faut pas garder le(s) genou(x) levé(s). Le Seiza est recommandé.


8. On ne marchera pas sur le Shikii (seuil) lors de l’entrée sur le Shajo ou lors de la sortie. On ne marchera pas non plus et on ne s’assiéra pas sur le rebord des tatamis. Cela accélère l’usure du Shikii et le vieillissement prématuré des tatamis.


Sur la manipulation de l'équipement

L'arc et la corde

1. Quand on arrive au Dojo, après avoir salué, il faut d’abord tendre son arc et vérifier sa bonne forme. Ensuite seulement, on va se changer pour revêtir la tenue de Kyudo.


2. Quand on aide quelqu’un à tendre son arc, il faut s’assurer d’être bien ancré au sol, et saisir urahazu les deux mains posées en réceptacle contre l’épaule. Il ne faut pas toucher Himezori et ne pas pousser l’arc.


3. S’il n’y a pas de Tsurukakeita (encoche en bois fixée au mur), il faut poser Urahazu sur Yumibukuro ou autre placé au sol et contre le mur afin de ne pas abîmer ces derniers.


4. Il faut vérifier la bonne position de la corde : sa longueur, sa position Deki ou Iriki. Gardez l'arc dans une forme correcte.


5. S’il est nécessaire de modifier la corde après l’avoir tendue, on pousse avec le pied au niveau de Shitanari (courbe du bas de l’arc) et, parce que l’arc est précieux, l’on essuie ensuite l’endroit où on a posé le pied.


6. Quand la corde s’effiloche, c’est la preuve d’un manque d’entretien. Il faut absolument l’enduire de Magusune. C'est la base de Yumikiki. L'effilochage diminue la force de la corde jusqu'à ce qu'elle soit sur le point de se rompre. Dans l'ancien temps, les gens avaient l'habitude de placer le Shimohazu sur le sol et de frotter la corde du haut vers le bas en un coup, en disant “d'une corneille à un démon“ ou “de la terre au paradis“.


7. Tenez toujours l'arc par le Yazurido, Nigirikawa et la corde. Evitez de mettre de la saleté ou de la graisse de votre main sur l'arc lui-même.


8. Ne placez pas votre Tsurumaki ou le Kake entre l'arc et la corde. Ce ne sont pas des manières. L'arc doit être traité avec soin.


9. Ne touchez pas l'équipement des autres. Ne jamais essayer Kataire sur l'arc d'un autre (essayer de l'ouvrir). Prenez en considération le respect que la personne a pour son arc, et par ailleurs le fait que vous puissiez casser l'arc.


10. Lorsque vous faites partie du staff des examens ou des compétitions, vous aurez à changer la corde des participants. Mais ne jamais faire Kataire après avoir mis une nouvelle corde. Votre Yajaku et puissance physique sont différents de ceux de l'utilisateur. Ce serait un désastre de briser l'arc d'un participant.


11. Lorsque vous faites Kataire dans un magasin de Kyudo, demandez d'abord la permission du vendeur. Ne tirez pas l'arc jusqu'au Yajaku mais arrêtez-vous avant l'épaule droite (arrêtez-vous lorsque votre main droite à passé l'oreille). Vous pouvez casser l'arc si vous faites Kataire à votre manière. Si vous cassez un arc, vous devrez payer les frais.


12. Si vous laissez l'arc bandé pendant longtemps, mettez deux cordes. Même si une corde casse, l'autre empêchera l'arc de se détendre.


13. Ne jamais laisser un arc sur le sol. Ne jamais marcher par dessus un arc. Je vois certaines personnes qui laissent leur arc sur le sol et d'autres qui l'enjambent. Ces personnes devraient comprendre que l'arc est un objet sacré.


Les flèches


1. Il faut tirer les flèches toujours dans le même ordre. Ceci facilite la compréhension du caractère de chaque flèche ; c'est aussi plus pratique lorsque la flèche nécessite réparation ou ajustement. Les flèches en bambou sont particulièrement enclines à développer des courbures subtiles, une bonne maintenance est essentielle.


2. Lorsque vous ramassez les flèches à l'Azuchi, prenez d'abord les flèches ayant raté la cible. Lorsque vous récupérez celles dans la cible, commencez par celles qui sont les plus éloignées du centre de la cible. On ramasse les flèches en laissant pour la fin, celles qui sont proches du centre de la cible, par égard pour l'archer. Le Hakama peut toutefois causer des dégâts aux flèches, lorsqu'on ramasse celles qui sont à distance. Dans ce type d'occasion, soyez flexible dans votre jugement.


3. Lorsque une flèche est plantée dans le cadre de la cible (Waku), fixez la cible entre vos genoux, puis tenez la flèche vers la partie proche de la cible et tirez la non avec vos mains mais avec tout votre corps depuis les hanches. Cela peut vous évitez de projeter la flèche après l'avoir retirée. Il est aussi plus facile de fournir de la puissance si vous utilisez les hanches. Lorsque c'est difficile, écartez délicatement le point endommagé sur le Waku et tirez la flèche vers l'extérieur.


4. Après avoir enlevé les flèches, retournez au Dojo en portant les plumes vers le haut en direction du Kamiza et l'autre bout vers le bas dans votre paume droite. Evitez de faire trop de bruit avec les flèches. Traitez les flèches avec soin afin de ne pas endommager les plumes ou le fût.


5. Il est préférable que les moins gradés se rendent à tour de rôle au Yatori. De leur côté, les plus gradés s'occupent des tirs des moins gradés ; c'est une question de répartition des tâches.


Le Kake

1. Ne mettez pas ou ne touchez pas le Tsuruuke (Tsurumakura) du Kake de quelqu'un d'autre. Un feeling subtil est important lorsqu'on utilise un Kake. Il est impoli vis-à-vis du propriétaire de toucher son Kake sans sa permission.


2. Dans le dojo, vous devriez mettre et enlever le Kake face au Shimoza (évitez le Kamiza) en Seiza ou en Kiza. Le Tenouchi du Kake n'est pas quelque chose que l'on est sensé montrer aux autres sans raison ; un vieux proverbe dit “Ne montre pas le Tenouchi aux gens“.


Les Mato


Asseyez-vous en Kiza lorsque vous dirigez l'installation des Mato depuis le Shajo.

Cela doit être entendu comme le respect des cibles, objets sacrés. Par ailleurs, il n'est pas beau de voir quelqu'un diriger debout.


Autres

Ne faites pas de Yatori ou toutes autres tâches pendant que vous portez le Kake, le Tasuki ou le Tsurusuberi (Muneate). Ces objets constituent l'équipement pour le tir. Cela fait partie de l'étiquette de les enlever lorsque l'on fait autre chose.


Le tir

1. On observe souvent - dans les Dojo publics, lors de Monomae (moment précédant le Taikai ou le Shinsa) ou en pratiquant Ikomi (pratique en groupe sur la même mato en tenant chacun quatre flèches). Cette pratique n’est pas recommandable eu égard aux autres pratiquants. Cependant, si tous les Kyudojin présents n’y voient aucune objection, alors cela peut être accepté.


2. Lorsque l’on pratique dans un autre Dojo que le sien, il faut s’en tenir à Hitote (tirer deux flèches) et non tirer quatre flèches d’affilée, à moins que cela ait été décidé et accepté par les autres pratiquants.


3. Il est strictement interdit de tirer beaucoup de flèches d’affilée sur une même Mato. Surtout il n’est pas autorisé d’utiliser la Mato du professeur afin d’éviter tout risque d’abîmer ses flèches. Dans le cas où il l’autoriserait, il faut respecter ses instructions.


Recevoir l'enseignement

Lorsque l’on suit un enseignement pendant un séminaire, il faut s’abstenir de contrer les arguments ou de proférer des excuses. Un séminaire est, à l’origine, une assemblée pour recueillir le savoir-faire des enseignants et ce n’est pas un lieu de débat. Cela nuit aux autres participants. Il est important que chacun collecte les remarques et les enseignements et nourrisse ses entraînements en choisissant de privilégier ce qui lui est utile personnellement. Il y a rarement de bons tireurs parmi ceux qui trouvent à redire.


Enseigner

De nombreuses personnes prennent l’initiative d’enseigner. Il faut s’en abstenir en présence d’un haut gradé et seulement suivre les instructions de ce dernier. Il faut savoir que les Shidosha enseignent petit à petit en tenant compte des conditions physiques, de l’expérience des élèves. Le risque est de perturber les élèves par des explications peu mesurées.


Sur le Mitori-Geiko, entraînement par l'observation

1992 - Furusawa Sensei devant des lycéens

1. Il ne faut pas observer le Yanori (visée) des haut gradés, à moins qu’ils ne l’aient demandé, car cela dénote un manque de respect à leur égard.

2. Lorsqu’on observe le tir des Shihan (ses propres professeurs ou les Hanshi), il faut le faire en position assise, mais pas se tenir en face de la personne, sinon avec sa permission. L’observation peut se pratiquer également debout. Il faut suivre les codes de Mitori-geiko en observant le Rei.


Et finalement... l'état d'esprit à respecter en particulier

1. Keiko wo hare ni suruzo to tashinami te, hare obatsune no kokoro narubeshi. Il faut toujours s’entraîner comme si on était un jour d’examen ou dans un Taikai, ainsi on garde l’esprit serein.


2. Le tir s’effectue avec le cœur (esprit). On doit ressentir un état de sérénité lors du Kai. On ne peut pas l’éprouver si l’on contraint l’arc. Plus on reçoit la puissance de l’arc avec le squelette, plus on ressentira aisance et sérénité.``


3. L’entraînement doit se concentrer sur les bases. Il ne faut pas négliger de s’entraîner avec la conscience de l’unité de l’esprit et du tir, sans se focaliser sur le fait d’atteindre la cible. L’absence de spiritualité ne permet pas la bonne pratique du tir. Par sa présence, elle fait advenir le tir véritable.


J’ai noté tout ce que j’ai appris des professeurs et des Sempai afin de pouvoir vous le transmettre. Veuillez garder cet enseignement dans votre esprit et ne pas le considérer comme de simples notes. Je souhaiterais également que vous puissiez les transmettre aux générations futures.


Kamogawa Nobuyuki Hanshi 10ème Dan




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